Successions conflictuelles : comment préparer une médiation ?

Engager une médiation successorale est une démarche réfléchie.

Une préparation claire et structurée permet d’aborder les échanges avec davantage de sérénité et d’augmenter significativement les chances d’aboutir à un accord.

–> Pour savoir si une médiation successorale pourrait vous aider dans votre situation, consultez notre article sur le sujet ou bien contactez-moi.

1.Clarifier les points de désaccord

Identifiez précisément les sujets en tension :

  • valeur d’un bien immobilier ;

  • indemnité d’occupation ;

  • désaccord sur la vente d’un bien ; 

  • rapport de donations ;

  • répartition des charges ;

  • gestion d’une indivision ;

  • droit viager de logement ;

  • valorisation d’une entreprise familiale.

Cette étape permet de distinguer les désaccords techniques des enjeux humains.

En général, ces points de désaccord auront aussi été identifiés par le notaire en charge de la succession.

2.Clarifier les enjeux humains

Au‑delà des chiffres et aspects techniques ou juridiques, une succession comporte en général des dimensions symboliques et humaines :

  • reconnaissance, par exemple des soins apportés au défunt ;

  • sentiment d’équité ;

  • attachement affectif à un bien ou un souvenir ;

  • loyauté envers le défunt ;

  • transmission des valeurs.

Les identifier en amont facilitera l’émergence d’un dialogue plus constructif. Ces éléments seront abordés dans le cadre de la médiation pour aider les membres de la famille à identifier leurs préoccupations et besoins respectifs.

3. Rassembler les documents utiles

Préparez les éléments objectifs :

  • projet d’état liquidatif ;

  • évaluations des biens ;

  • tableaux de comptes ;

  • éléments relatifs au régime matrimonial en cas de divorce.

Une médiation gagne en efficacité lorsque les bases juridiques sont claires. Il n’est pas nécessaire de se constituer un dossier comme pour un procès.

4. Comprendre le déroulement de la médiation

La médiation comprend généralement :

  • une séance de cadrage, en présence du notaire, afin de fixer les sujets sur lesquels des décisions concrètes devront être prises ;

  • des entretiens individuels ;

  • une ou plusieurs séances plénières espacées de quelques semaines ;

  • la formalisation d’un accord, à nouveau encadré par le notaire, si un consensus émerge.

L’accord peut être acté par le notaire dans les actes notariés, ou rédigé par les avocats dans le cadre d’une transaction puis homologué par un juge, ce qui lui confère une force exécutoire comparable à celle d’un jugement.

5. Le rôle de votre avocat

Votre avocat peut jouer un rôle très utile pendant une médiation successorale.

  • Avant la médiation, il vous aide à clarifier votre situation, à comprendre vos droits et à identifier ce qui est juridiquement possible (et ce qui ne l’est pas).

  • Pendant la médiation, il peut vous accompagner aux séances si les parties en conviennent. Même lorsqu’il n’est pas présent, il peut vous aider entre deux réunions à préparer les échanges et à prendre du recul.

  • À la fin, il contribue à sécuriser l’accord : il vérifie que la solution trouvée protège vos intérêts et qu’elle est cohérente avec le cadre juridique. Il peut aussi participer à la rédaction du protocole, ou le relire avant signature.

Un point important : chercher un compromis ne veut pas dire renoncer à vos droits.
La médiation permet justement de construire une solution acceptable et applicable, tout en restant attentive à la protection de chacun.

6. Ce qu’il n’est pas utile de faire

Aborder la médiation comme une audience déguisée lui ôte toute son efficacité. Chercher uniquement à démontrer que l’on a juridiquement raison, et l’autre tort, revient à reproduire la logique du procès.

La médiation vise autre chose : co-construire ensemble une solution équilibrée, acceptable et applicable pour chacun, en allant rechercher, au-delà du juridique, les préoccupations et les besoins de chacun des membres de la succession.

Il faut donc que chaque partie soit ouverte à l’échange, prête à écouter l’autre, et à envisager différentes solutions pour aboutir à celle qui conviendra le mieux.

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